Réunion: L'état et la santé de la démocratie au Canada

Vendredi, 11 mai 2012 - 10:00am
Voices-Voix Meeting, 11 May 2012

 

 

 

 

Chère amie, Cher ami,

Vous êtes peut-être déjà membre ou partisan de la Coalition Voices-Voix ou sensibilisé à notre travail. Vous ignorez peut être notre existence, mais vous êtes très préoccupé par l’état et la santé de la défense des droits, de la démocratie et de la dissidence au Canada. Si tel est le cas, nous espérons que vous pourrez vous joindre à nous le 11 mai prochain pour discuter de ces inquiétudes et élaborer une stratégie pour déjouer les nombreuses tactiques employées pour fragiliser les principes démocratiques, les institutions et les organismes de protection des droits de la personne au pays.

Lors de cette réunion, nous passerons en revue les nombreuses réactions de la société civile aux faits très inquiétants qui se sont produits au cours des dernières années. Nous nous concentrerons sur les nombreuses mesures concrètes annoncées dernièrement (entre autres, dans le cadre du budget de mars 2010) pour étouffer les voix de la dissidence au Canada.  Nous examinerons l’incidence de mesures, telles que le retrait de financement et le ciblage de programmes, de projets et d’organismes voués à la défense des droits et à la justice sociale, et débattrons des difficultés appréhendées qui en découlent. 

Nous discuterons d’une proposition à l’effet de tenir une conférence importante à l’automne 2012 afin de traiter plus sérieusement de ces enjeux et étudier plus en profondeur les stratégies à court et à moyen termes pour y faire face.  Nous espérons que les personnes qui se joindront à nous arriveront préparées et qu’elles souhaiteront s’impliquer dans l’organisation de la conférence et prendre part aux travaux en cours de la Coalition Voices-Voix.

Voices-Voix et l’ensemble des organismes de défense des droits de la personne, de l’environnement, du travail et des organismes progressistes du Canada se trouvent actuellement à un carrefour décisif, principalement en raison des résultats des élections fédérales de mai 2011 et des mesures annoncées dans le cadre du budget de mars 2012 visant, en autres, les organismes caritatifs.  Le gouvernement en place étant majoritaire, il est probable que ce plan d’attaques contre la défense des droits et la dissidence s’intensifie et prenne de l’ampleur.

Les enjeux actuels revêtent une importance fondamentale et touchent à l'essence même du Canada en tant que nation: un pays de diversité et de débats; de libertés et de droits.

Le comité directeur de Voices-Voix est composé des personnes suivantes : 

Alex Neve, secrétaire général, Amnistie Internationale Canada (section anglophone); Robert Fox, directeur général , Oxfam Canada;  Sarah BélangerAlliance de la fonction publique du Canada; Julia Sanchez, présidente-directrice générale, Conseil canadien pour la coopération internationaleLeilani Farha, directrice généraleCentre pour les droits à l'égalité au logement (CERA);  Michel Lambert, directeur général, AlternativesPearl Eliadis, directrice, RightsLaw et Rita Morbia, directrice générale, Inter Pares

 

Détails

Où : Siège social du PSAC, 1er étage, 233 rue Gilmour, Ottawa. (Les gens de l’extérieur d’Ottawa pourront se joindre à nous par conférence téléphonique)

Quand : Vendredi 11 mai, entre 10h et 16h.

Coût : La participation est gratuite. Il y aura une pause pour le déjeuner.

Réservation : Si vous planifiez de vous joindre à nous le 11 mai veuillez en aviser Sara Korajian à l’adresse courriel « edointern@oxfam.ca » en précisant si vous viendrez en personne ou si vous assisterez à la reunion par téléphone.

Qui peut participer? Cette réunion est ouverte aux membres des organisations-membres de Voices-Voix et aux citoyens alliés. La presse d’information n’est pas autorisée à assister à la réunion. Voices-Voix demeure une organisation non-partisane. Ceux qui veulent participer doivent réserver selon la procédure mentionnée ci-dessus.  

Renseignements médiatiques: Cette reunion n’étant pas ouverte aux medias, les journalistes souhaitant s’informer sur la Coalition Voices-Voix sont encouragés à nous contacter via notre site web, ici.

 

Ordre du jour 

Note: Les participants qui ne peuvent pas assister en personne sont invités à nous rejoindre par téléphone entre 10h et midi et entre 13h et 14h45. Un rapport sur les aboutissements des discussions en petit groupe sera disponible pour les membres de Voices-Voix et les personnes qui se sont inscrites en fournissant leur courriel.

Bien que les participants soient invités à intervenir dans la langue officielle de leur choix, une traduction officielle ne sera pas offerte et la plupart des présentations seront en anglais. Des traductions informelles peuvent être offertes à ceux qui seront présents en personne, mais pas à ceux qui participeront par téléphone. S’il y a un intérêt, un appel de suivi en français pour revoir les points principaux des présentations et les propositions sera organisé.

10h                   Bienvenue et revue de l’ordre du jour: Alex Neve (Amnistie Internationale Canada) et Julia Sanchez (CCIC)

10h15               Présentation des attaques sur les droits de la personne et la démocratie au Canada: Alex Neve

10h30               Présentation de ce que Voices-Voix a fait jusqu’à présent: Pearl Eliadis (RightsLaw)

10h45               Éléments clés des attaques : 

  • Attaque sur la défense des droits de l’homme
  • Attaque sur les politiques publiques basées sur des éléments de preuve: David MacDonald, économiste senior CCPA
  • Attaque sur la démocratie parlementaire: Gerry Caplan
  • Attaque sur le droit à l’information: Bob Carty (journalist)

11h30               Autres exemples d’attaques                            

12h                   Déjeuner et réseautage

13h                   Éléments clés de réponse : 

    Réponse extra-parlementaires à l’ordre du jour anti-démocratique :           

  • Les réponses des organisations
  • Les initiatives des mouvements populaires: Judy Rebick, (journaliste, activiste, féministe)
  • Les stratégies légales: Paul Champ (Champ & Associates)
  • Le role des médias

13h45               Propositions pour une conférence/forum en automne

14h15               Autres initiatives et idées

14h45               Division en plus petits groupes dépendamment des intérêts pour discuter des prochaines étapes : 

  • Organisation de conférences
  • Voices-Voix – Rôle, moyens et méthodes de travail
  • Animation et activisme
  • Solidarité et support mutuel dans un réseau

15h30               Rapport des discussions de groupe

15h50               Conclusion et étapes prochaines

16h                   Ajournement 

 

Contexte

Dès le début 2010, il est devenu évident que le gouvernement fédéral se livrait à des réductions de financement répétées et à caractère punitif et prenait des mesures à l’encontre d’un éventail d’organismes de la société civile qui critiquaient ses positions et politiques ou s’y opposaient ouvertement. Le scénario persistait depuis plusieurs années et s’intensifiait. Ces coupures de subventions et autres mesures avaient un effet dramatique et dévastateur sur la santé de la société civile au Canada, la défense des droits et la dissidence et sur la transparence du gouvernement à l’égard de plusieurs enjeux importants de droits de la personne et de justice sociale. 

Certains des cas de retraits de subventions ont fait l'objet d'une attention médiatique et politique considérable. Le cas le plus notoire a sans doute été la décision gouvernementale de refuser de financer KAIROS, un organisme œcuménique établi de longue date et fort respecté, en raison de son travail, entre autres, sur les droits des Palestiniens et sur les responsabilités des sociétés minières canadiennes en matière de droits de la personne. Un autre cas très médiatisé a été la lutte intestine épuisante entre les membres du conseil nommés par le gouvernement et le personnel de l’organisme parlementaire Droits et Démocratie. De modestes fonds alloués à trois organismes de défense des droits israéliens et palestiniens très respectés étaient à l’origine de la controverse qui a conduit le gouvernement à décider la fermeture de l’organisme en avril 2012. Mais la plupart des cas ont peu ou pas attiré l’attention des médias ou des politiciens. En conséquence, la prise de conscience de ce qui se produisait et de son ampleur a été lente.

À mesure que les organismes ont commencé à échanger et à comparer leurs expériences, nous avons réalisé qu’il s’agissait d’un scénario qui se déroulait depuis 2006, année où le gouvernement a modifié les politiques de financement de Condition féminine Canada en refusant dorénavant de financer des organismes œuvrant spécifiquement à la défense des droits des femmes à l’égalité. Il est devenu évident qu’au cours des six dernières années, des douzaines d’organismes, provenant d’un large éventail de secteurs des droits de la personne, de la protection de l'environnement et de la justice sociale, ont souffert des mêmes conséquences à la suite de réductions de financement réelles ou prévues.  

Il est également devenu évident que cette façon de faire ne se limitait pas aux décisions de financement ou aux organismes de la société civile. Nous avons, par exemple, noté de nombreux cas où des chiens de garde et des fonctionnaires du gouvernement ont subi des menaces, ont été remis en cause, ont été congédiés ou n’ont pas été renouvelés dans leurs fonctions à la suite d’un désaccord avec le gouvernement. Nous avons pu observer un scénario général de répression inquiétant dans lequel les voix de la dissidence et de la défense des droits étaient ciblées, particulièrement lorsqu’il s’agissait d’enjeux sur lesquels le gouvernement avait de fortes opinions politiques ou même idéologiques. Ces personnes dissidentes et militantes étaient réduites au silence, privées de financement, menacées, licenciées ou confrontées à d’autres conséquences pour avoir pris la parole. Les organismes du savoir qui divulguent des informations dérangeantes qui ne s’inscrivent pas dans le programme du gouvernement ont subi le même sort.

En avril 2010, cent représentants d’organismes de pratiquement tous les secteurs de la société civile au Canada se sont réunis à Ottawa ou par le biais d’une conférence téléphonique à la suite d’une invitation qui leur avait été lancée pour étudier en réunion informelle cette question préoccupante. Nous avons décidé lors de cette réunion de former une coalition que nous avons appelée « Voices-Voix », afin de lutter contre la campagne gouvernementale que nous estimions tous très dangereuse et qui visait à entraver la défense des droits de la personne et à porter atteinte à la liberté d’expression au Canada.  Des voix étaient réduites au silence.

Depuis ce temps, la Coalition Voices-Voix a pris de l’ampleur.  Plus de 200 organismes partout au pays ont signé sa déclaration (http://voices-voix.ca/fr/a-propos/declaration). Nous avons organisé des évènements et créé un site Web impressionnant qui présente un catalogue (éventuellement exhaustif) de plusieurs exemples de voix réduites au silence au Canada et qui suggère des mesures concrètes à prendre par toute personne désirant réagir. 

Tout le travail initial a été rendu possible grâce au financement octroyé par un petit nombre d’organismes à un noyau de bénévoles dirigé par l’Alliance de la fonction publique du Canada et plusieurs autres syndicats et organismes de la société civile.  Nous avons également profité du travail intensif d’un groupe impressionnant de stagiaires étudiants. Le financement a permis à la Coalition d’obtenir le soutien d’un coordonnateur des communications de Montréal pendant un an et de couvrir les coûts de création du site Web et de recherche documentaire du projet.

Nous espérons que vous vous joindrez à nous pour cet important débat du 11 mai prochain.