Amir Attaran

Amir Attaran

Les faits

Amir Attaran a été la cible de demandes de renseignements intrusives pour avoir diffusé des informations concernant le fait que le Canada était complice de crimes de guerre, notamment de tortures de détenus afghans.


En février 2007, Amir Attaran a fait une demande d’accès à l’information pour accéder à des documents gouvernementaux relatifs au traitement de prisonniers afghans. Attaran a soutenu que ces documents représentaient une preuve de torture des détenus par des interrogateurs afghans.

En mars 2010, Attaran a dit qu’il était en possession de documents qui démontraient que des militaires canadiens avaient transféré des détenus sous garde canadienne aux autorités afghanes, même s’ils savaient que les détenus seraient maltraités.

Des partis d’opposition ont essayé de faire pression sur le gouvernement pour que les documents consultés par Attaran puissent être rendus publics. Le gouvernement a refusé de divulguer des documents non-censurés afin d’éviter de porter préjudice à la sécurité nationale.

Attaran a dit aux médias que si les documents avaient été rendus publics, il aurait été démontré que certains fonctionnaires canadiens étaient effectivement responsables de crimes de guerre car ils étaient complices de torture de prisonniers afghans. Errol Mendes, un collègue d’Attaran à l’Université d’Ottawa a également critiqué le gouvernement Harper à cause de l’affaire des détenus afghans.

Attaran a allégué qu’en décembre 2011, le Chef d’État-Major de la Défense des Forces armées canadiennes Rick Hillier, a conclu un accord secret sur le transfert des prisonniers de guerre aux autorités et aux services de police secrets afghans. Attaran a dit qu’il croyait que les fonctionnaires canadiens savaient ou auraient dû savoir que les transferts auraient mené à de la torture ou à un traitement cruel utilisant des techniques d’interrogatoire coercitives des détenus.

Des organisations de défense des droits de l'Homme ont critiqué de tels transferts en raison de nombreux antécédents de torture en Afghanistan.  Selon Attaran, le département d’État américain a enregistré l’emploi de techniques telles que l’extraction d’ongles de doigts et d’orteils, des brûlures à l’huile bouillante, des coups et des actes d’humiliation sexuelle et de sodomie.

Le gouvernement Harper a réagi en accusant Attaran d’être un professeur « libéral » - une accusation utilisée envers un nombre de personnes qui ont critiqué ouvertement le gouvernement. Les propos d’Attaran ont fait l’objet d’un des points de discussion du Premier ministre.

En janvier 2011, Amir Attaran et Errol Mendes ont été contactés par des administrateurs de l’Université d’Ottawa qui les ont informés que des personnes anonymes cherchaient à obtenir des informations extensives sur eux par le biais de demandes d’accès à l’information. L’information demandée comprenait des renseignements sur la performance des académiciens au cours de leurs années d’enseignement à l’université, sur leurs dépenses et leurs dossiers d’enseignement universitaire.

Attaran et Mendes qui sont les critiques les plus directes du gouvernement conservateur croient que le gouvernement a l’intention d’utiliser leurs informations personnelles contre eux. Les deux professeurs ainsi que leurs collègues ont déclaré aux médias que ces demandes d’information personnelle faisaient partie d’un effort délibéré pour décourager la dissidence auprès des académiciens qui critiquaient le gouvernement.

Le gouvernement nie le fait d’avoir tenté d'accéder aux informations personnelles. Une grande partie des renseignements qui ont été demandés n’ont pas pu être accessibles car ils étaient d’ordre personnel et dépassaient la portée des demandes d’accès à l’information.  

Attaran et Mendes ont reçu des messages haineux par courrier électronique de la part de commentateurs anonymes et ils ont fait l’objet de critiques malveillantes sur des sites Web conservateurs.

Dates importantes

  • Février 2007 : Attaran fait sa première demande d’accès à l’information et découvre ce qui selon lui représente une preuve de la torture de détenus afghans qui ont été remis par les Forces canadiennes aux autorités afghanes.
  • Février 2010 : Attaran fait l’objet de discours du parti conservateur qui l'étiquette comme étant un « libéral » dont le travail académique est motivé par des raisons politiques.
  • Mars 2010 : Attaran affirme que des fonctionnaires canadiens ont été complices dans la torture de détenus de par leur transfert aux autorités afghanes, malgré le fait que ces fonctionnaires savaient que les prisonniers seraient maltraités.
  • Janvier 2011 : Des demandes anonymes d’information sur les dossiers professionnels et personnels d’Attaran et de Mendes sont faites à l’Université d’Ottawa. Les deux professeurs affirment que les demandes sont politiquement motivées.

Emploi ou fonction

Dr Amir Attaran est professeur agrégé aux facultés de droit et de médecine à l’Université d’Ottawa. Il est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit, en santé de la population et en politique du développement mondial à l’Université d’Ottawa.

Portée et conséquences

  • Liberté d’expression : L’intimidation d’Attaran et de Mendes par le moyen de critiques publiques et des demandes anonymes d’informations personnelles est un avertissement pour ceux qui critiquent le gouvernement.
  • Transparence : Le refus du gouvernement de rendre publique ce qui s’est réellement passé en Afghanistan est une violation de la responsabilité du gouvernement d’être transparent. Actuellement, il n’y a pas de raisons de sécurité publique qui justifient de garder ces renseignements secrets. Les citoyens devront être capables de rendre les fonctionnaires élus responsables de leurs actes.

Photo: Wikipedia