Fondation Canadienne pour les Sciences du Climat et de l’Atmosphère

Fondation Canadienne pour les Sciences du Climat et de l’Atmosphère

Les faits

En 2011, le gouvernement fédéral a débloqué la somme de 35 millions de dollars pour la FCSCA pour qu’elle poursuive la recherche sur les conditions météorologiques et le climat au canada jusqu’à 2016. Cette somme est inférieure à la moitié des besoins de l’organisation pour maintenir son programme de recherche.


La FCSCA est créée en 2000 par le gouvernement Chrétien.

Pour ses dix premières années d’existence, la FCSCA n’avait pas de problèmes de financement car elle a reçu en 2003 la somme de 60 millions de dollars, répartie en fonds de gestion et en subventions de recherche qui ont contribué à la création d’emploi, à la croissance économique, au développement durable ainsi qu’au développement d’un savoir destiné aux politiques environnementales, à la recherche, aux prévisions météorologiques et aux entreprises. Une subvention supplémentaire de 50 millions accordée en 2003 a assuré la survie de la fondation jusqu’en 2010.

En 2009, l’ancien ministre de l’environnement Jim Prentice a prolongé le mandat de la fondation d’une année, mais a refusé de la financer de nouveau. De même, le budget de 2010 n’a pas alloué de nouveaux fonds pour la FCSCA en dépit de la pétition signée par près de 1400 chercheurs et étudiants, demandant un soutien croissant pour la fondation « menacée ».

Les réductions du budget ont donné lieu au retrait de financement de la plupart des initiatives de recherche de FCSCA. Elles ont affecté le Laboratoire de Recherche  Atmosphérique dans l’Environnement Polaire (PEARL), qui collecte des données sur les changements climatiques dans le grand nord où le réchauffement climatique est le plus accentué, et le réseau Polar Environment Climate Stability (PECSN), qui étudie les mécanismes des changements climatiques rapides en Arctique, notamment le rôle que joue la glace, l’océan arctique et l’atmosphère.

Le ministre Prentice a fait savoir que le gouvernement continuerait à soutenir la recherche fondamentale sur les changements climatiques à travers d’autres intermédiaires autres que la FCSCA. Beaucoup de chercheurs craignent que le montant de financement qui était accordé par la FCSCA ne soit pas remplacé à hauteur équivalente par d’autres organismes.

Un bon nombre de scientifiques canadiens et internationaux ont exprimé également leurs préoccupations quant au fait que le gouvernement Harper soit hostile à la science relative au changement climatique en général et aux scientifiques qui fournissent des preuves qu’une action urgente est nécessaire pour empêcher un réchauffement climatique catastrophique et son impact sur la vie des canadiens.

«  Il est clair que nous avons un gouvernement qui dit qu’il y a vraiment un problème, mais dont il ne se préoccupe pas trop » a observé Andrew Weaver, climatologue mondialement reconnu de l’université de Victoria.

Le directeur général de Réseau Action Climat Canada, Graham Saul, avait accusé le gouvernement d’utiliser la réduction des fonds pour étouffer le débat sur les changements climatiques. Saul a estimé que le gouvernement «  a muselé les scientifiques » en réduisant le financement pour les principaux domaines. « C’est comme s’il s’efforce de camoufler la vérité »

Des députés de l’opposition ont, à leur tour, critiqué le gouvernement en disant qu’il était trop influencé par les climato-sceptiques.

Le sous-financement de la FCSCA intervient au moment où les scientifiques disent qu’un débat public éclairé fondé sur une recherche poussée sur le climat est nécessaire, car le Canada est l’un des pays où les conditions météorologiques et le climat sont les plus touchés au monde. « Plus que jamais, le Canada a besoin d’un financement solide pour la recherche sur le climat et ses changements afin de nous aider à nous adapter aux changements affectant notre atmosphère et nos océans mais aussi pour les atténuer et en tirer profit » a déclaré Gordon McBean, président du conseil d’administration de FCSCA.

Le manque de fonds pour la FCSCA l’empêchera de produire assez de données ou des données suffisamment cohérentes pour renforcer le pouvoir des Canadiens de plaider pour une politique responsable au sujet des changements climatiques mais aussi dans d’autres domaines. Les prévisions météorologiques, l’agriculture, le tourisme, les transports et la sécurité publique comme la conception des ponts et des réseaux d’égouts exigent tous une recherche scientifique poussée permettant un débat public qui informe efficacement sur la politique gouvernementale. « Des gens meurent lorsque les prévisions sur les tornades se trompent » a noté McBean.

Une étude récente menée par la Table Ronde Nationale sur l’Environnement et l’Economie a souligné que les Canadiens paieront un lourd tribut à leur santé et aux différents secteurs de l’économie notamment la sylviculture si le gouvernement en place et ceux qui lui succéderont continuent d’ignorer les changements climatiques et de mépriser les sciences du climat.

Sur le plan international, le Canada sera forcé de s’en référer de plus en plus aux données climatiques et météorologiques des autres pays lorsque les politiques climatiques internationales sont négociées.

A ce jour, le gouvernement canadien n’a pas annoncé de plan pour accorder aux scientifiques du climat et de l’atmosphère les fonds nécessaires pour fournir des données essentielles aux décideurs politiques et au public Canadien, empêchant ainsi le développement d’un débat d’opinion éclairé sur les changements climatiques, au cours duquel des perspectives diverses pourraient être efficacement défendues.

Dates Importantes

  • 2000-2004 : la FCSCA est créée et reçoit 110 millions de dollars de fonds fédéraux
  • 2006-2010 : le gouvernement minoritaire de Harper n’accorde pas de nouveaux fonds à la FCSCA. Entre 2007 et 2008 le ministre de l’environnement John Baird refuse de rencontrer la direction de la FCSCA pour discuter de l’avenir de la fondation
  • 2010 : près de 1400 étudiants et chercheurs signent une pétition, réclamant des fonds plus élevés  pour la fondation « menacée ».
  • 2011 : le gouvernement accorde 35 millions de dollars sur cinq ans, un montant insuffisant pour maintenir un certain nombre d’importants projets de recherches, ou contribuer au développement des politiques fondées sur de solides données scientifiques.

Emploi ou fonction

La Fondation Canadienne pour les Sciences du Climat et de l’Atmosphère (FCSCA) est le principal organisme canadien subventionnaire de la recherche sur le climat et l’atmosphère et de la recherche océanique. Sa recherche soutient les efforts permettant de comprendre notre système climatique, les conditions météorologiques extrêmes, la qualité de l’air et la sécurité, outre les conditions spéciales de l’Arctique. Elle a participé à de nombreuses initiatives de recherche mondiale, notamment au Programme Mondial de Recherches sur le Climat et le Programme Nord Américain sur le Carbone.

Portée et conséquences

Liberté d’expression : la perte d’informations importantes sur le climat et l’atmosphère au Canada diminue la capacité des Canadiens à défendre des politiques fondées sur des preuves scientifiques.

Démocratie : l’absence de l’information scientifique essentielle a de nombreuses répercussions sur les débats publics quant aux solutions à apporter aux problèmes de l’agriculture, de la sylviculture, des transports, du tourisme et des autres domaines. Ceux qui plaident pour des politiques et des solutions aux problèmes fondées sur une idéologie ou sur des a priori en bénéficieront, alors que ceux qui plaident pour des politiques et des solutions basées sur des preuves scientifiques et sur le bon sens seront désavantagés.