Droits et démocratie: appel pour la dignité et la justice

Rémy M. Beauregard

by Guido Riveros Franck

Une prestigieuse institution canadienne active  dans le domaine de la promotion et la démocratie et la défense des droits de la personne, le Centre International des droits de la personne et du développement démocratique – Droits et démocratie, décerne chaque année le prix Jon Humphrey. Ce prix veut honorer, encourager et protéger l’activité de personnes qui, dans diverses parties du monde, travaillent  avec acharnement et détermination à défendre la vie et à promouvoir la démocratie. Ce fut le cas de Kimy Pernia Domicò.

Cependant, aujourd’hui la situation semble être différente. Rémy Beauregard, un homme juste qui a œuvré à la promotion des droits de la personne et de la démocratie, qu’on pourrait comparer à Kimy Pernia, est mort en janvier 2010 à Toronto alors que se déroulait une réunion du Conseil d’Administration de cette institution. Il était au centre d’une série d’accusations qui, comme l’a démontré une enquête d’une Commission du Parlement du Canada, n’étaient pas fondées, elles étaient le produit de l’intolérance et des intérêts particuliers de ceux qui l’accusaient, lesquels avançaient des visions fort éloignées des meilleures traditions de la coopération internationale dans le domaine des droits de la personne et de la démocratie au Canada, loin aussi des convictions et pratiques qui furent celles de M. Beauregard tout au long de sa vie au service de cette noble cause.

Ces faits ont finalement nui à l’image de Droits et Démocratie. Nous savons tous quels peuvent être les effets d’une campagne de harcèlement et de dénigrement – comme celle que n’a pu supporter le cœur de Remy Beauregard. De sorte que, dans la mesure où les responsabilités ne sont pas établies sur les faits entourant la mort de l’ex directeur et que ce doute persiste quant à  Droits et Démocratie, toute déclaration institutionnelle perdra de sa valeur.

Les vies des citoyens du monde, célèbres ou anonymes, sont toutes importantes. Aucune raison ne peut être au-dessus de la condition humaine. En conséquence, c’est un acte de justice, de dignité et d’amour de la vie d’honorer des personnes comme M. Pernia et M. Beauregard mais aussi il est nécessaire de rétablir la crédibilité et l’autorité morale des institutions qui défendent ces principes.

Guido Riveros Franck
Ex membre du Conseil d’administration de Droits et Démocratie
La Paz, Bolivie, 4 juin 2011

Photo par: Alain Rhéaume/Canadian Press