La démocratie canadienne à la croisée des chemins

L'enjeu de cette élection, en 2011, c'est notre démocratie.

Par Helen Forsey (traduction de Dominique Boisvert), Humanité Québécoise, 25 avril 2011

Les Canadiens ont la chance de vivre dans une démocratie. Notre système parlementaire a évolué au cours des siècles, et nos partis politiques reflètent la diversité et la liberté de pensée dont nous bénéficions comme citoyens.

L'un des résultats de cette liberté et de cette diversité est que lors de certaines élections, aucun parti ne remporte une majorité de sièges à la Chambre des Communes. Cela signifie que quel que soit le parti qui forme le gouvernement, il doit coopérer avec les autres partis pour faire adopter des lois et demeurer au pouvoir. C'est ce qu'on appelle un « gouvernement minoritaire » et cela peut très bien fonctionner. Tout ce que cela demande est de l'honnêteté, du respect et une volonté de coopérer malgré les différences de points de vue.

Cependant, le gouvernement actuel dirigé par le Premier ministre Stephen Harper a levé le nez sur notre Parlement élu et fait du mot « minoritaire » un mot vulgaire. Les Conservateurs de M. Harper ont induit la Chambre des Communes en erreur, gardé secrètes des informations essentielles, congédié des chiens de garde de la sécurité publique, saboté systématiquement le travail de comités parlementaires, et ils sont allés jusqu'à fermer le Parlement lui-même à deux reprises pour éviter de faire face à la critique.

L'enjeu de cette élection, en 2011, c'est notre démocratie. Les Canadiens sont en droit d'attendre de l'impartialité, de l'honnêteté et du respect de notre système de gouvernement. Au lieu de cela, le régime Harper nous a donné cinq années d'injustice, de corruption et de mépris.

M. Harper utilise une série de contes de fées au sujet de notre système parlementaire pour amener les gens à croire qu'ils doivent voter Conservateurs s'ils veulent éviter un désastre. Ses menaces au sujet d'une opposition qui "prendrait le pouvoir" ou qui forcerait la tenue de nouvelles élections sont en réalité des tactiques honteuses, basées sur des mensonges, et qui ne visent qu'à faire peur aux gens.

Mensonge no 1 : Les coalitions sont mauvaises et illégitimes.  Faux. Les coalitions sont tout à fait constitutionnelles, et peuvent être la façon la plus intelligente de gouverner de manière coopérative et dans le respect de la volonté de la majorité des électeurs.

Mensonge no 2 : Les Canadiens élisent le Premier ministre.  Faux. Nous élisons quelque 300 députés à la Chambre des Communes.

Mensonge no 3 : Le parti qui remporte le plus de sièges forme nécessairement le gouvernement.  Faux. Le parti qui gouverne doit gagner - et conserver - la confiance des députés que nous avons élus à l'occasion des votes de confiance tenus à la Chambre.

Mensonge no 4 : Défaire un gouvernement lors d'un vote de confiance entraîne une nouvelle élection.  Pas nécessairement. Si les membres de la Chambre, récemment élus, votent pour défaire un gouvernement, le Gouverneur général demande au chef de l'opposition de former un gouvernement et de chercher à obtenir la confiance de la Chambre.

Mensonge no 5 :  Il s'agirait d'une "prise de pouvoir" illégitime si l'opposition acceptait l'invitation du Gouverneur général à remplacer un gouvernement qui aurait perdu la confiance de la Chambre.  Faux. En fait, l'opposition a ce qui équivaut à une obligation constitutionnelle d'essayer de former un gouvernement viable à partir du Parlement récemment élu, sans avoir besoin de recourir à une nouvelle élection.

 

En tant que Premier ministre, Stephen Harper a traité notre Parlement élu comme une sorte d'anachronisme ennuyeux. Son gouvernement s'est conduit d'une manière tellement scandaleuse qu'il a finalement été condamné formellement pour « outrage au Parlement ». Maintenant, il cherche à gagner une majorité conservatrice pour pouvoir faire encore plus de dommage.

Les peuples, partout dans le monde, sont en train de risquer leurs vies pour obtenir la démocratie. Ne laissons pas les Conservateurs de Stephen Harper détruire la nôtre de l'intérieur.

Le logo provient du site d' Humanité Québécoise

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