L’équité salariale, un droit fondamental

La question de l’équité salariale n'est toujours pas réglée au Canada.

Par la Coalition spéciale pour l’égalité des femmes et les droits de la personne, 10 avril 2011

En 2009, près de 8 millions de femmes avaient un emploi rémunéré au Canada. Au fil des décennies, les Canadiennes ont fait des percées sur le marché du travail, mais la question de l’équité salariale – un salaire égal pour un travail d’égale valeur – n’est toujours pas réglée.

Il y a plus de 30 ans, le Parlement adoptait la Loi canadienne sur les droits de la personne, qui interdit la disparité salariale entre les femmes et les hommes. Pourtant, toutes les études révèlent que l’écart salarial entre les sexes n’a pratiquement pas changé au fil des ans : à l’heure actuelle, les femmes qui travaillent à temps plein à longueur d’année gagnent en moyenne 70,5 % de ce que gagnent les hommes de cette catégorie.

L’Organisation internationale du Travail (OIT), les Nations Unies, les provinces et le gouvernement fédéral ont pris des mesures visant à promouvoir l’égalité salariale et l’équité salariale.

Les enjeux

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Les femmes sont sous-payées par rapport aux hommes, et leur travail est sous-évalué.
  • L’équité salariale favorise l’autonomie économique. Et en étant financièrement autonomes, les femmes sont moins vulnérables à la violence.
  • Instaurer l’équité salariale, c’est donner aux femmes de meilleurs salaires, bonifier leurs indemnités de congé, les primes d’heures supplémentaires et les prestations d’assurance-emploi.  
  • 60 % des familles monoparentales ont une femme comme chef de famille. Ces familles ont droit à la sécurité économique qu’offre un emploi bien rémunéré.
  • En gagnant un salaire plus élevé durant leur vie active, les femmes toucheront une rente plus généreuse et seront moins susceptibles de vivre dans la pauvreté une fois à la retraite.

Ce qu’il nous manque 


Après moult consultations, études et discussions, le Groupe de travail sur l’équité salariale a conclu, en 2004, qu’un système fondé sur les plaintes n’est pas un moyen efficace de s’attaquer aux disparités salariales. Il recommandait donc au gouvernement fédéral d’adopter une loi proactive sur l’équité salariale, comme l’ont fait le Québec et l’Ontario. Plus de 200 groupes de femmes et syndicats partout au pays ont appuyé les recommandations du Groupe de travail.

Ce que nous avons eu

Au lieu de mettre en œuvre ces recommandations, les conservateurs ont adopté une loi spéciale ciblant les fonctionnaires fédéraux. En vertu de cette loi, ils ne peuvent plus présenter de plaintes pour discrimination salariale à la Commission canadienne des droits de la personne. En somme, cette loi bloque l’accès à l’équité salariale.  

Demandez aux candidates et candidats : 

Q. Est-ce que votre parti, s’il est élu, s’engagera à abolir la Loi sur l’équité dans la rémunération du secteur public, laquelle prive 
les fonctionnaires de leurs droits à l’équité salariale?
Q. Est-ce que votre parti, s’il est élu, s’engagera à mettre en œuvre immédiatement les recommandations du Groupe de travail 
sur l’équité salariale et à adopter une loi fédérale proactive sur l’équité salariale?

L'image provient du site de l'AFAI

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